Joseph Ziegler, Hérédité et physiognomonie

On pourrait penser que la physiognomonie, science qui établit un lien de cause à effet entre la forme du corps et les caractéristiques mentales et les traits de la personnalité, soit une composante naturelle de la pensée héréditaire. Cet article a pour objectif de passer en revue les contributions clés de cette science de 1200 à 1500 en mettant l’accent sur des déclarations en ce qui concerne l’hérédité ainsi que les transmissions parentales. L’article fait le point sur l’approche rigoureusement matérielle adoptée par les philosophes et médecins médiévaux lorsque ceux-ci cherchaient à expliquer le lien entre la forme du corps et les traits de la personnalité. Pour les spécialistes de la physiognomonie, c’était le cadre matériel de la période de conception de l’enfant et de l’étape embryonnaire qui était crucial quant à la détermination de la forme du corps et du caractère. Cette étude met aussi en évidence le fait que la physiognomonie a écarté toute discussion systématique de l’ethnicité (physiognomonie des groupes) ou de la transmission parentale de la forme du corps et des traits de caractère. Pour les spécialistes de la physiognomonie de l’époque médiévale et du début de la Renaissance, la physiognomonie était une science rigoureusement matérialiste et individualisante qui cherche à traiter chaque cas en faisant abstraction de l’influence familiale ou ethnique.